Lettre d’information – Printemps 2014

Chers amis de Terre de Partage,

Par cette lettre d’informations nous voulons essentiellement vous partager le témoignage de Charly (Charles Loubignac) maintenant vice-président de Terre de Partage, qui vient de rentrer d’un séjour d’une année scolaire à Madagascar, dans la ville de Mananjary où nous soutenons plusieurs actions. Il vous raconte ici ses impressions. Grâce à sa mission pour notre association, il a pu nous aider à mieux contrôler l’usage de nos dons dans cette région de la grande île et il est aussi rentré avec d’autres projets à soutenir qu’il accompagnera de près aussi puisqu’il ira passer à nouveau 2 mois là bas à l’automne prochain.

Nous avons aussi eu des nouvelles par notre partenaire Nicole Biesel de l’asssociation TSAMAD à Arcachon qui vient de rentrer d’un séjour d’un mois où elle a pu notamment constater la grande misère de vie quotidienne de jeunes étudiants parrainés dans la ville de Tamatave sur la côte Est. D’autre part Nicole a posé une plaque nommant Terre de Partage et TSAMAD comme soutiens pour l’amélioration d’un petit bâtiment scolaire dans cette même ville. Enfin autre partenaire Michèle Baron, présidente de Terre des Enfants à Triel sur Seine est en ce moment même à Madagascar et reviendra mi juillet avec des informations actualisées sur nos actions communes principalement dans la région de Tuléar sur la côte Ouest ; la plupart de ces actions étant tournées vers la nourriture et la scolarisation des enfants. Evoquons aussi les nombreux enfants qui bénéficient des dons que nous apportons de votre part dans la région de Fianarantsoa, au cœur des hauts plateaux où la congrégation des Augustines se dépense généreusement pour nourrir, scolariser, former (formation de mécaniciens), animer (centre socio-éducatif en brousse), accompagner (jeunes lycéennes logées loin de leurs familles…) ; et là nous accordons notre confiance totale à une correspondante française avec qui nous sommes très en lien et qui gère au plus près les sommes que nous envoyons.

Mais maintenant laissons la parole à Charly :

De la ville rose à la grande île rouge … :

Mon séjour à Madagascar. Il y a 3 ans, le consul honoraire de France m’avait demandé de chercher un jeune ou un retraité de l’éducation nationale pour venir un an enseigner bénévolement dans une école française à Mananjary sur la côte Est de Madagascar. Faute d’avoir trouvé un amateur, je me suis proposé, correspondant aux période de 8 mois m’a permis de réaliser le vieux rêve de vivre une vie d’expatrié, tout en satisfaisant mon penchant humanitaire par des missions pour les associations ‘’ TERRE DE PARTAGE ‘’ et ‘’ AMAM’’ (Association Multi Aides Malgache dans la région de Toulouse). Malgré de nombreux séjour à Madagascar et dans la ville de Mananjary, je n’avais pas mesuré l’ampleur de la tache qui m’attendait et j’ai fait bien des découvertes sur la vie quotidienne, la culture et le comportement malgaches.

MON RESSENTI de ma vie malgache durant mon séjour.

La vie à Madagascar rappelle celle de ma jeunesse : même méthode et même ambiance qu’il y avait en France à la fin de la 2nde guerre mondiale J’ai apprécié la diversité, la richesse du pays, la convivialité des habitants (en dehors des bandits dont le nombre augmente de jour en jour à cause de la pauvreté). J’ai été séduit par leur accueil chaleureux ; ils pardonnent sur la première erreur sous prétexte que nous ne savons pas, mais après ils peuvent être très violents (les Français l’ont appris à leurs dépends durant les révolutions et on a pu constater dernièrement encore leur justice très expéditive avec le lynchage à NOSY BE … ). A Madagascar nous n’avons pas tous les interdits du monde industrialisé ; ici pas d’écologies politiques et financières mais de l’écologie du bon sens, souvent en fonction des pauvres moyens mis en place …….etc. Ils ne sont pas comme nous, les wahazas, de plus en plus formatés par les lois et les médias. A Madagascar la survie prime sur tous les interdits économiques et politiques. Cette grande ile rouge, ayant une richesse de contradictions tant dans les paysages que dans la culture, m’a envouté. Pour la comprendre il faut y vivre longtemps et non y venir en touriste comme j’ai fait les années précédentes. J’en tire une expérience avec un très important enrichissement personnel me grandissant dans l’expérience de ma vie. Education à Madagascar Selon un rapport des observatoires ruraux, 36 à 40% des plus de 14 ans ont le certificat d’études primaires / Taux d’alphabétisation des 14-24 ans : 82% / 70% seulement vont à l’école après 6 ans. La France reste la destination privilégiée des universitaires malgaches désireux de poursuivre des études supérieures (4100 étudiants malgaches en France, 175 aux USA, 112 au Maroc, 81 à l’ile Maurice , 60 en Allemagne) (Source : manuel économique sur Madagascar SCREEN en dépôt à l’alliance française.) Politique Ce pays est malheureusement pour lui, dans la liste des pays les plus pauvres de monde. L’instabilité politique engendre beaucoup de corruption et le banditisme de jour comme de nuit augmente. Après 3 années de crise, les dernières élections ont eu des enjeux essentiels et j’ai connu la période de Septembre à Décembre 2013 où la vie politique à Madagascar fut très agitée avec 41 candidats au premier tour pour les élections présidentielles et 120 partis politiques pour la députation. Depuis les élections, un premier ministre a été nommé (Mr KOLO Christophe) et le président Hery Rajaonarimampianina recherche la confiance des puissances internationales et du Fond Monétaire International. L’important parti de l’ancien président (MAPAR) tente d’imposer sa loi mais il a été mis en minorité par le jeu du regroupement des petits partis. Je fais confiance au nouveau président Héry qui me parait vouloir redresser Madagascar et combattre la corruption.

Ma Mission pour Terre de partage :

Durant le temps libre laissé par mon travail d’enseignant, j’étais disponible pour Terre de partage. Grâce à nos fréquents échanges par mail avec Marguerite Despature, j’ai pu aider Terre de Partage à contrôler les chemins des dons qui parviennent dans cette région de la côte Est de Madagascar. En effet, J’ai passé beaucoup de temps sur le terrain, à prendre contact avec les responsables et à visiter les lieux que nous soutenons. Mon travail a permis d’aider Terre de Partage de prendre parfois la décision d’arrêter le soutien de certains projets faute de clarté, ou au contraire d’intensifier d’autres dons. Mes démarches furent donc d’aller directement questionner les opérationnels. Nous déplorons parfois un manque de communication sur leurs actions, du, il faut le dire, à une surcharge de travail de nos correspondantes locales ou aussi à un manque de formation pour rendre des comptes (voire même parfois à la crainte de ne pas être à la hauteur de nos attentes d’occidentaux habitués à gérer les choses avec pragmatisme… c’est une autre culture !). J’ai particulièrement apprécié mes rencontres avec sœur Suzanne qui, avec sœur Catherine est en brousse profonde du coté de NOSY VARIKA (région accessible depuis Mananjary après des heures de bateau sur le canal des Pangalanes puis des trajets à mobylette ou à pied) ; elles œuvrent dans la scolarité et les soins. J’ai rencontré Sœur Suzanne deux fois à l’évéché ; c’est une petite femme énergique, de plus de 70 ans, se dépensant sans compter pour améliorer la vie des familles grâce à un établissement scolaire (projet renouvelé chaque année pour agrandir les bâtiments et offrir aux élèves d’avancer dans leur scolarité) et un centre de soin avec notamment une petite maternité. Leur travail nous motive pour continuer de les aider. A Mananjary, j’ai rencontré plusieurs fois sœur Hélène soutenue par nos dons pour aider à la scolarité d’enfants du collège et d’une école primaire publique ; notre aide permet le paiement de l’écolage et d’une partie de la cantine. Grâce à mon travail de contrôle des livres de comptes et de prise de contact avec l’économe générale, j’ai pu constater une grosse erreur qui a été corrigée au profit de ce centre et nous avons pu rétablir les choses. Retournant en Octobre 2014 à Mananjary, pour la rentée scolaire, je pourrai participer au choix de l’attribution des écolage (j’y resterai 2 mois). J’ai pu faire le point sur nos dons apportés depuis des années au profit de familles de jumeaux, en constatant l’incompétence ou la non implication de responsables locaux. Nous en avons tiré les conséquences qui s’imposaient. J’ai aussi rencontré la responsable d’une œuvre sociale qui travaille à la prison et avec des personnes en difficultés physiques. Notre don va dans 2 directions : nourrir les prisonniers et aider les handicapés (achat de médicaments, règlement de l’écolage…) Elle m’a fait visiter la prison de Mananjary ; les conditions de vie des prisonnier m’ont ému (ça m’a rappelé les camps de Struthof en Alsace ou de Mauthausen que j’ai visités.) Une partie de nos dons servent pour l’achat de nourriture pour les prisonniers ; c’est une goutte d’eau dans ce monde carcéral sans ni foi ni loi (des prisonniers revendent leur nourriture dans des commerces internes… ).La nuit, il n’y avait qu’un seul sanitaire, pour 484 détenus… J’ai donc pris l’initiative de proposer à Terre de Partage de gérer la surveillance de la construction de 4 sanitaires. A mon départ ils étaient opérationnels.

Cette immersion de 9 mois dans ce pays magique, parmi le monde enseignant, et l’humanitaire solidaire a été très formatrice. Lorsque je restais un mois, je pensais connaître la vie à Madagascar mais en vivant au quotidien dans l’lle Rouge j’ai découvert sa culture, sa « politique politicienne » durant les élections présidentielles et législatives, ses attentes, ses inquiétudes, et la communication avec ce peuple très gentil et accueillant. Je ne regrette pas cette expérience bien au contraire. Les malgaches, peuple très pauvre dans un pays très riche (agriculture, pierres précieuses, bois … ) ont besoin de nous. Les gens « d’en bas » n’ont rien, meurent de faim surtout dans le sud. Nous devons les aider, et, du fait de la corruption qui règne dans tout le pays , nous devons surveiller que nos dons aillent bien à ceux à qui nous les destinons (en évitant de pallier aux faiblesses de l’Etat ou de voir nos dons compenser les besoins des églises locales…) J’y retournerai avec plaisir et impatience durant deux mois, à l’automne 2014, afin de poursuivre la réalisation de certains de nos projets humanitaires (associations « Terre de Partage » et AMAM ), et vivre pleinement avec les malgaches.

C Loubignac

 

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