Lettre d’information – Printemps 2016

Missions à Madagascar

Suite à une importante mission que notre vice président Charles LOUBIGNAC (dit Charly) à réalisée sur le terrain au début de ce printemps, je vous partage quelques réflexions. Mais tout d’abord voici le contexte de cette mission  (comme vous avez pu le lire dans le compte rendu de notre dernière assemblée générale du 31 mars ) :

Une grande partie des dons faits par Terre de Partage concerne les bénéficiaires accompagnés par une congrégation religieuse en cours de mutation (comme de nombreuses congrégations d’origine française qui regroupent leurs forces) . Cette réalité a nécessité la réalisation d’un audit local pour faire connaissance avec les nouvelles responsables et évaluer les besoins et l’emploi des ressources déjà en place. C’est ce qui a largement justifié l’importante mission faite par Charly à Madagascar auprès de nos différents correspondants, afin d’effectuer ces audits qui nous permettent désormais une meilleure adaptation aux nécessités locales.

Au retour de Charly, nous avons tenu un important Conseil d’administration pour entendre plus en détail les résultats de sa mission et décider des dons à affecter.

En écoutant et étudiant ces informations, j’ai été particulièrement frappée par une action qui nous avait enthousiasmés à l’époque de sa mise en place :
des mamans se regroupaient pour arriver à trouver leur propre financement pour les études et la cantine de leurs enfants sur le modèle du micro-crédit (nous avons d’ailleurs appelé cette action les « mamans cantine »).
Or dans son commentaire « à chaud » sur le terrain, Charly notait  :« cet atelier sert plus à une aide indirecte à des personnes en difficulté, volontaires au départ, puis malhonnêtes après la vente.
En effet, nous avons constaté que certaines mamans ont menti ou triché (selon nos critères occidentaux !) en ne reversant pas une partie du gain au bénéfice communautaire, voire en gardant tout au bénéfice de leur propre famille.
Mais Charly ajoutait : « Nous ne devons pas perdre de vue que nous sommes dans un pays d’une autre culture et d’un vécu au jour le jour sans connaitre son lendemain.Je ne les approuve pas en tant que vazaha (mot malgache pour nommer les occidentaux « blancs ») mais je peux comprendre ces mamans qui se sentent surtout concernées par la survie du foyer (la plupart du temps en l’absence du père !)
Et plus tard, Charly ajoutait : « Peut-on avoir confiance en des personnes qui ont faim » ?
En effet, ne faudrait-il pas retourner la question de la façon suivante :
« Comment aider ces personnes pour les reconnaître dans leurs efforts pour nourrir leur famille, les faire grandir et leur permettre d’atteindre dignement un minimum d’autonomie et, à partir de là, les rendre plus dignes de confiance ! » ?
Tout cela nous oblige à beaucoup d’humilité dans notre façon d’envisager l’aide auprès des plus démunis ; nous sommes obligés de sortir de notre façon occidentale de projeter nos manières de faire en attente de résultats et de naviguer entre humilité et réalisme, exigence et souplesse …
Restons attentifs à trouver les meilleures façons de soutenir les initiatives locales sans écraser nos bénéficiaires par des exigences difficiles à atteindre, tout en restant très vigilants sur l’usage des dons.

Et pour finir voici un commentaire reçu d’une de nos « relais » sur place à propos de la question climatique actuelle dans des régions soutenues par Terre de Partage  notamment Tuléar sur la côte sud-ouest :
« les gens ont semé 3 fois sans rien avoir faute de pluie. Il y a deux semaines par contre la pluie est tombée et nos soeurs qui venaient de Manombo ont eu de l’eau jusqu’à la taille pour traverser la rivière. On déclare déjà le sud en pré-famine alors que la récolte devrait avoir lieu bientôt. Il faut donc maintenant que les gens attendent la récolte des patates douces. Déjà l’an dernier les récoltes n’avaient guère été abondantes…

Et notre partenaire Michèle Baron, présidente de Terre des Enfants à Triel parle de : énormément de pluies sur la côte Est suite au passage d’un cyclone au nord du pays; les pauvres paysans vont avoir encore leurs parcelles noyées…!

Des projets sont en cours pour mieux faire connaître notre association dans le bassin de Brive la Gaillarde (brocante en septembre, participation à un marché solidaire en novembre, projet de concert et de projection de film…). Si vous vivez dans notre région, n’hésitez pas à nous rejoindre ou à vous informer auprès de Cathy Perrouin.

Nous vous renouvelons très sincèrement notre reconnaissance pour votre confiance, votre fidélité et votre générosité.

Marguerite Despature – Présidente.

Rappel : A tout moment de l’année vous pouvez envoyer votre cotisation annuelle (10 € ) et votre don à : « Terre de Partage »  7 rue Fernand Alibert 19100 Brive

Fleur de baobab

 

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